9/17/2009

11 septembre - Objectif: Gosainkunda, 4400 mètres


Me faire réveiller par la pluie ce matin, ça me rappelle que le bruit incessant des klaxons et l'air pollué de Katmandu sont derrière moi. Je me lève avec le sourire pour méditer comme je le fais toujours lorsque je suis en montagne avant le déjeuner. À ma sortie de l'hôtel, je réalise que je suis dans un nuage. Le feeling est vraiment drôle, c'est comme si la loi de la gravité ne s'appliquait pas aux millions de gouttelettes d'eau en suspension dans l'air. Un petit vent léger ou encore le simple fait de marcher et ça donnait l'impression de prendre une douche au ralenti.


Aujourd'hui, nous parcourons le chemin en 4 heures, presqu'entièrement en silence. C'est quelque chose que j'apprécie tellement de mon sherpa, les moments de silence!!! Ça contraste lorsque nous dépassons en vitesse un groupe de trekkers qui sont impliqués dans une discussion animée, oubliant presque de lever la tête pour admirer le paysage. Ça me fait réaliser à quel point l'homme sociable que je suis habituellement dans ma vie urbaine devient plus intérieur, presque sauvage même. J'imagine que c'est le yeti en moi qui ressort dans la montagne, un animal mythique dans l'Himalaya qui vit seul évitant tout contact avec le monde extérieur.


Pour ceux qui s'y connaissent en alpinisme, passer de 1500 mètres (Katmandu) à 4400 mètres (Gosainkunda) en un peu plus de 48 heures, c'est énorme. Je le constate en regardant le groupe de 8 israéliennes qui partagent le même hôtel. La plupart sont dans un état plutôt moche, maux de tête, vomissement, perte d'appétit ... bref je joue un peu à l'infirmier et je leur explique les médicaments à prendre et surtout, le meilleur conseil d'entre tous en haute altitude, boire beaucoup d'eau.


Ce soir, c'est vendredi, ce qui implique que c'est la cérémonie du Kiddush pour les 8 israéliennes qui commencent à se sentir mieux. Alors, ils récitent des prières pour la plupart chantées. Honnêtement, ça sonne bien 8 voix de femmes qui chantent en hébreux. Je comprends rien mais bon, je suis tout de même un observateur privilégié de cette cérémonie.