9/09/2009

2 septembre - À Katmandu, une bénédiction et...

Patrick et moi allons partager notre permis avec 5 autres grimpeurs originaires de la Norvège. Nous les rencontrons pour une première fois dans un contexte assez particulier. En effet, nous les rejoignons devant un monastère bouddhiste à 10 minutes de marche de notre hôtel afin d'obtenir la bénédiction d'un lama très important au Népal selon les dires de Nima. Une cérémonie avec un lama (l'équivalent d'un évêque dans la religion catholique), c'est toujours unmoment bien spécial. Bien que je ne comprenne pas un seul mot, je peux lire sur le visage de mes compagnons sherpas toute l'intensité du moment, le respect et l'admiration à l'endroit du lama et tout le sérieux de cette bénédiction qui nous permettra de nous aventurer sur les flancs de ces montagnes grandioses en toute sécurité. Nima, notre chef d'expédition, est une personne très religieuse tout comme Pemba qui a quitté son monastère dans les montagnes après avoir été moine pendant 5 ans. Il est depuis guide de haute montagne et a réalisé plusieurs ascensions de grande envergure. C'est tout un changement de carrière !!!

Une fois la cérémonie terminée, je me suis rendu avec Patrick et mon sherpa dans un monastère bouddhiste perché dans les hauteurs de Katmandu. Ce fut un moment extraordinaire pour moi qui a pris le temps de méditer avec un moine, discuter avec des artisans locaux, faire tourner les moulins à prière tout autour du temple et bien sûr apprivoiser ma nouvelle passion pour la photographie. D'ailleurs, cette nouvelle passion m'a été suggérée par les montagnes elles-mêmes...je ne suis pas un grand photographe mais j'ai des sujets grandioses à photographier. Apprendre les techniques de base en photographie est devenu un projet personnel pour cette expédition. Après tout, je dois être en mesure de supporter mes dires adéquatement lorsque je mentionne à quel point l'Himalaya offre des paysages majestueux.

... un coup de théâtre

En revenant de la visite du temple, coup de théâtre, Nima m'appelle dans ma chambre pour m'annoncer que nous partirons le 2 septembre à 17h00 plutôt que le 3 septembre à 5h00. Ce changement de plan est occasionné par le fait que les routes seront fermées le 3 septembre en raison d'un jour férié au Népal.

Mon partenaire et moi, nous nous afférons à compléter nos bagages à la hâte afin de respecter l'heure déterminée par Nima. Vers 18h30, je reçois un appel de Nima... OUCH!!!! Voilà la réaction que j'ai eu après avoir reçu l'équivalent d'un coup de pelle entre les deux yeux!!!

Nima venait de m'apprendre que les autorités chinoises refusaient d'émettre mon visa puisque la date d'expiration de mon passeport ne respectait pas les 6 mois demandés. Évidemment, en pensant aux conséquences de quelques jours de délai pour moi qui aspire à grimper 2 montagnes, j'ai vécu une période de découragement et d'inquiétude pendant quelques minutes. J'étais fâché parce que je savais très bien que j'avais complété tous les formulaires et envoyé une photocopie de mon passeport à Nima 3-4 mois avant mon arrivée au Népal. Nima a attendu à la dernière minute soit la journée de notre départ avant de présenter toute l'information à l'ambassade chinoise.

Je sais très bien que ces pensées sont contre-productives alors, après quelques minutes de réflexion, la seule chose à faire est de rester calme, penser positif et de focusser sur les solutions possibles. Je pose donc une série de questions à Nima pour identifier les acteurs clés, comprendre les règles à respecter et bien sûr explorer les solutions possibles... bref faire un diagnostic de la situation et déterminer les étapes à suivre pour atteindre le résultat souhaité.

Lorsque je rencontre Nima quelques minutes plus tard, il semble déstabilisé par la situation et me met en contact avec un autre sherpa dont l'anglais est impeccable, thank god!! ... avec quelques contacts utiles et une assurance bien soutenue, thank bddha!!! Nous convenons d'aller au consulat canadien à l'ouverture le lendemain matin et je prends le temps qu'il faut pour souhaiter la meilleure des chances à mon partenaire Patrick et aux 5 norvégiens qui partagent notre permis poue le Cho Oyu.