10/12/2009

21 septembre - En route vers le camp de base du Cho Oyu (Détails)


L'heure du départ a sonné! Il est 5h00 et je me dirige vers la frontière entre le Tibet et le Népal. Je souhaite arriver dès l'ouverture pour éviter tout délai additionnel. Les 4 heures de route se passent sans trop d'embûches. Après tout, j'ai l'habitude des routes douteuses du Népal.


Le passage de la frontière a toutefois été particulièrement douloureux. Pas moins de 6 personnes ont dû regarder mon passeport et lire la lettre de l'ambassade de Chine à Katmandu. Tous mes effets personnels ont été scrupuleusement vérifiés par des agents de la douane ce qui inclut toutes les photos prises jusqu'ici avec mon appareil et bien sûr tous les livres que je transportais ainsi que mon ordinateur.


Au bout d'une heure, je passe de l'autre côté de la frontière avec quelques sueurs froides qui ruissellent encore sur mon front. J'embarque dans un jeep en direction de Thingri, un petit village ou je passerai la nuit. Les 4-5 heures de route se passent bien mise à part que nous devons faire une pause de 30 min vers les 5000 mètres d'altitude parce que le chauffeur a un mal de tête. Je suis conscient de ce que je suis en train de tenter, c'est-à-dire l'impossible mission de grimper un 8000 mètres en moins d'une semaine, mais je suis tout de même surpris de voir le chauffeur avec un mal de tête puisque dans mon esprit il est déjà acclimaté.


Enfin, nous arrivons à Thingri en fin d'après-midi ce qui nous laisse suffisamment de temps pour acheter des légumes et des pièces de viande qui sèchent au soleil sur le bord de la route. J'enregistre dans ma tête de ne pas manger de viandes durant l'expédition ... j'ai pris des photos de la scène pour que vous puissiez me croire.


En passant, les Chinois ont construit une route assez impressionnante en territoire tibétain. Ils ont bien compris le concept de garde-fou ... il y en a pratiquement tout le long de la route à flanc de montagne. C'est agréable de rouler en sécurité mais en même temps, j'ai un pincement au coeur puisque je constate de mes yeux l'assimilation de la culture tibétaine. Moi qui pensais vivre un extrait de la culture traditionnelle tibétaine digne du film 7 ans au Tibet, je pense que je vais oublier ça.