Alors comme je m'attends à avoir mon passeport lundi le 21 septembre, je pars dans la région du Khumbu. Je me lève aux petites heures pour prendre le vol de 6h15 en direction de Lukla. À mon arrivée, je me mets immédiatement en route. Disons que j'attire beaucoup les regards puisque je suis un étranger seul qui porte lui-même son sac à dos. Habituellement, les randonneurs sont accompagnés d'un guide et très souvent de porteurs qui transportent les bagages.
Comme l'année dernière, je suis vraiment impressionné par les porteurs qui doivent bien transporter parfois jusqu'à 200 livres ou même plus sur le dos. Au bout de 5 heures, je suis déjà à Namche Bazard. J'appelle à ce moment Dawa Sherpa pour savoir, si par miracle, l'ambassade de chine avait finalement acceptée d'émettre un visa sur mon passeport temporaire. Un peu surpris de me savoir déjà dans ce village, il me demande de le rappeler en soirée. Je décide donc de poursuivre ma route en direction du Gokyo avec l'intention d'atteindre son sommet le lendemain.
Après un autre 3 heures de marche, je suis rendu à proximité du village Dole et je décide d'y passer la nuit. Ma chambre est tellement petite, un lit simple avec tout juste la place pour marcher sur le côté. Après avoir englouti rapidement mon souper, le proprio de l'endroit me permet d'utiliser son cellulaire pour appeler Dawa Sherpa. MIRACLE!!! Il recevra vendredi vers 20h00 mon visa pour entrer au Tibet. Je résiste à la tentation de ne pas retourner le soir même à Lukla pour prendre le premier vol le lendemain matin. Je serai sage et j'attendrai le lendemain avant de défaire mon chemin. Adieu le Gokyo donc!!! Mais c'est pour la plus belle raison qui soit, me diriger vers le Cho Oyu.
Le lendemain, je m'en retourne donc vers Lukla. En chemin, je trouve le moyen de m'assurer que j'aurai une place à bord du premier avion. J'appelle également Dawa pour que Pemba et le chauffeur chargé de nous transporter vers la frontière m'attendent à l'aéroport. Dawa me demande alors de contacter Pemba puisqu'une mauvaise nouvelle m'attend. Je n'arrive pas à le joindre avant mon arrivée à Lukla. C'est à ce moment que j'apprends que son bébé de 3 semaines est entré d'urgence à l'hôpital. Il me demande de retarder notre départ de 24 heures.
Après avoir attendu ce bout de papier pendant 3 semaines, je ne vous cacherai pas mon empressement à vouloir me diriger vers le Tibet le plus rapidement possible. Je ne me fais pas d'histoire non plus, je sais très bien que chaque jour et même chaque heure prend toute son importance. Comme je regarde cette situation avec mon coeur, j'accepte sans hésitation de reporter notre départ. Après tout, la famille c'est drôlement plus important qu'un sommet! Cette petite âme pure doit absolument avoir son papa à son chevet pour se remettre sur pied rapidement.
Je décide donc de profiter de ma journée à Katmandu pour préparer les prochains jours. Je m'empresse de faire tout ce que je peux réaliser rapidement dans une chambre d'hôtel et qui me prendrait une éternité au camp de base du Cho Oyu (douche, lavage, rasage, etc.). J'appelle à nouveau Pemba et sa petite fille prend du mieux. Sa soeur viendra aider sa femme pour prendre soin de leur fille de 2 ans pendant son absence.
Demain matin, le départ vers la frontière tibétaine est donc prévue pour 4h30. En tout, ce sera environ 15 heures de jeep qui m'attendent puique je vais parcourir le chemin en une seule journée contrairement aux 3 jours en temps normal. Ensuite, je veux également franchir en une seule journée de marche la distance qui nous séparera du camp de base du Cho Oyu ... ce qui se fait en 2 jours normalement.
Bref, les 2 prochaines journées s'annoncent pour le moins intenses. Comme je le disais plus tôt, chaque jour a une importance capitale à partir de maintenant. Je n'ai absolument plus aucune marge de manoeuvre. AUCUNE! La météo sera probablement favorable 3 semaines, peut-être 4 si j'ai un peu de chance. C'est le temps qui me reste pour m'acclimater et tenter de grimper 2 sommets de plus de 8000 mètres. Je suis encore confiant pour le Cho Oyu mais pour le Shishapangma, ça relèverait presque du miracle. Mais bon, pour ce qui est de garder à l'intérieur de moi une lueur d'espoir bien vivante, je suis vraiment rendu bon dans le domaine. HOPE!!!!
P.S. À partir de maintenant, je communiquerai les nouvelles entrées par téléphone satellite à mon père, alias mon sherpa québécois, qui vous gardera informer en mon nom.